Bon. Il y a des soirées où tu ouvres ton éditeur pour écrire trois lignes, et où tu finis par refaire tout un pan du site. C'était exactement ça, hier. Je voulais juste publier un petit billet, et je me suis pris un joli crash en pleine face : « Duplicate entry 'test' ». Sympa l'ambiance.
Mais pour comprendre pourquoi j'en suis là, il faut rembobiner un peu. Parce qu'avant ce crash, il y a eu deux jours un peu spéciaux : j'ai lancé une grosse refonte du site, je l'ai détestée, j'ai tout annulé, puis j'ai tout reconstruit.
La refonte, c'était une nouvelle home, un portfolio, une nouvelle page setup... J'y ai passé du temps, et au moment de valider, verdict : je n'aimais pas. Pas assez moi, trop lisse, trop « comme les autres ». Et il y a un truc génial avec Git : tu peux revenir en arrière. J'ai tout annulé, et l'ancienne version est revenue, intacte.
Ça pique un peu l'ego de jeter du travail. Mais je préfère largement ça à garder un truc que je n'aime pas, juste « parce que c'est fait ». Et ce retour en arrière m'a remis sur les rails : j'ai repris les choses morceau par morceau, proprement.
D'abord la page Setup. Maintenant, je la compose depuis l'admin : des blocs produits, des images, des paragraphes, des citations... Plus besoin de toucher au code pour la mettre à jour. Elle vit avec mon bureau, un peu comme un carnet.
Ensuite la page À propos, puis les Projets, avec leur propre espace d'admin. Et enfin le blog : un endroit séparé, pensé pour écrire court et souvent, sans la lourdeur d'un article complet. C'est la pièce que je voulais depuis le début, même si je ne le savais pas encore.
Pour faire court : le blog refusait de publier un billet nommé « test », parce qu'un ancien article supprimé portait déjà ce nom. Supprimé, mais toujours présent en base, donc toujours « pris ». Le genre de détail que personne ne t'explique avant que ça pète. C'est réglé : les titres en double reçoivent maintenant un petit suffixe, et je peux réutiliser un nom sans que le site fasse une crise.
Tant que j'y étais, j'ai réglé un truc qui me gênait depuis un moment : la partie blog ressemblait à un fil de réseau social. Des avatars, des « posts », des compteurs, des fils de discussion... Je n'aime pas ça. Un blog, ce n'est pas un flux qu'on scrolle, c'est un endroit où on prend le temps de poser une idée. Je voulais quelque chose de plus calme, de plus lisible, de plus... moi.
Donc nouvelle version : des titres en italique serif, une liste propre avec juste la date, un extrait et une image. Plus de grosses cartes, plus de bruit. Et sur un billet, on lit. C'est tout. J'ai piqué l'inspiration chez Thomas Galabert, dont le blog est exactement ce que j'aime : minimal, élégant, efficace. Merci à lui au passage, même s'il ne le saura jamais.
J'ai aussi ajouté ce qui me manquait vraiment : pouvoir mettre une miniature sur un billet, et glisser des images entre les paragraphes. Avant, je devais bricoler ; maintenant je choisis une image dans la médiathèque, je la place où je veux, et c'est réglé. Ça a l'air de rien, mais ça change tout quand tu écris un billet un peu long.
Et parce que réparer ne suffisait pas, j'ai tout publié : poussé sur GitHub, déployé sur le serveur en SSH, et prié très fort pour que la migration passe du premier coup. Elle est passée. Le token GitHub du serveur, lui, a décidé de tirer sa révérence au même moment. On fera comme si de rien n'était.
Il y a une raison à tout ce temps passé là-dessus. Ce blog, ce n'est pas une vitrine. Je n'ai pas de ligne éditoriale à tenir, d'audience à flatter, de marque à protéger. C'est mon espace. J'y écris ce que je veux, comme je veux, sans la pression du « grand public » et sans me demander si ça va « performer ». Hier, je l'ai rendu un peu plus à mon image : plus simple, plus direct, plus vivant.
Bref. En deux jours, j'ai testé une grosse refonte, je l'ai annulée, j'ai reconstruit trois pages, créé un blog, réparé un crash, changé le design et ajouté des images. Faire son site, ce n'est pas une ligne droite : c'est des allers-retours jusqu'à ce que ça ressemble à quelque chose. Et aujourd'hui, j'écris le premier billet de cette nouvelle version. Ça me semble un bon début. À très vite pour la suite.